18h20…L’heure du crime…

Tous les parents de nos jours connaissent cette heure. 18H20
Elle résonne dans votre tête, à travers votre âme. Consciemment ou inconsciemment, elle a du sens pour vous!

C’est très simple! Votre journée de travail harassante vient de se terminer.
Vous avez résolu des problèmes, rendu possible des miracles et il ne vous manque plus qu’une seule chose à faire: récupérer votre ou vos petits loups à la crèche, à la garderie ou chez ses grands-parents, pour votre immense bonheur de vous en occuper.

Voyons ensemble le parcours du combattant que vous allez vous apprêtez à faire!

17h45…Vous récupérez votre bébé à la crèche.

Le personnel vous dit qu’il a passé une bonne journée, qu’il s’est bien amusé, que tout va bien. Bon…Réellement, vous voyez la tête de votre enfant. Il a le teint blanc, des énormes cernes sous les yeux et il regarde à moitié dans le vide.
Vous demandez à l’auxiliaire de puériculture si votre progéniture a bien dormi. Elle vous répond, avec enthousiasme: «Oui! Très bien! Il a dormi 1h20…C’est bien!».

Vous la regardez avec des yeux ronds. Votre mâchoire se décroche légèrement. Vous vous dites « elle se moque de moi! Ce n’est pas possible autrement! ». Hé ben…Non! Elle est sérieuse, elle ne se moque pas de vous!
Normalement, votre bébé est une vraie marmotte. Il fait deux siestes dans la journée, soit en cumulé environ 6h de sieste, en plus de ses 12h de sommeil nocturne.
Et là, on vous dit le plus naturellement du monde, que votre fils ou votre fille est épanoui(e) d’avoir dormi 1h20. Mouaiiiiiissss…

Attendez…Le deuxième effet Kiss Cool arrive!

Elle vous précise que votre progéniture s’est fait mordre l’index (pourquoi toujours l’index? Je ne sais pas… Peut-être qu’il a plus de goût. Apparemment, c’est ce que préfère les petits cannibales, qui sont à la crèche en même temps que votre bébé! ;)).
Bref… Le personnel vous précise qu’il a passé de l’hémoclar sur la blessure de votre enfant.
Ouf! Nous voilà rassurés! 🙂

Après ce débriefing, correct mais peu rassurant, vous vous dirigez vers la petite salle où vous devez habiller votre bébé, qui se met à courir de partout avec ses copains. Vous essayez, avec difficulté, de lui enfiler les 15 couches de vêtements pour le protéger du froid. Vous venez de créer le nouveau bibendum Michelin coloré!
Car, bien sûr, vos différentes couches d’oignons ne sont jamais de la même couleur. Sinon, ce n’est pas drôle! 😉

Vous vous dirigez, enfin, vers la sortie, en évitant de marcher sur les autres enfants, qui sont proches de vous, alors que vous avez votre progéniture dans les bras et que vous n’y voyez rien!

Vous passez la carte pour signaler à la crèche que vous venez de laisser votre enfant, environ 10 heures chez eux.
Est-ce que vous ressentez ce petit moment de solitude où la culpabilité vous prend à bras le corps et vous met K.O d’un seul coup de bip? Et ben moi, je le ressens tous les jours, même si je sais que mon enfant est épanoui et heureux à la crèche!

Bref…Il est 18h…Vous arrivez devant votre voiture. Vous chargez votre enfant dans son siège auto.
Il est engoncé. N’arrive plus à bouger. Il est coincé comme une sardine dans une boîte de conserve, sauf qu’il est tout seul! Son manteau fait des bourrelets dans son dos, son tour de cou l’étrangle à moitié et son bonnet lui tombe sur les yeux. C’est bon, il est bien installé! 😉

Votre quart d’heure de trajet, à travers les méandres de la ville, commence.
Vous évitez d’écraser trois ou quatre piétons. Vous klaxonnez cinq ou six fois. Râlez après des abrutis, qui ne comprennent pas pourquoi vous les avez klaxonnés. Votre bébé se met à hurler à l’arrière de la voiture car, il a chaud, transpire dans son manteau et qu’il n’y voit plus rien. Son bonnet a glissé sur le haut de son nez! Parfait!

18h15… Vous arrivez enfin devant votre immeuble ou votre maison.
Votre bébé crie encore de manière constante. Un cri perçant, dont la vibration se place entre le râle et les pleurs. Un mélange assez improbable je le reconnais… Mais, que vous seuls, parents, connaissez tous 😉
Vos nerfs commencent à être à vif! Mais, ce n’est pas grave! Il faut poursuivre votre périple! Vous êtes presque arrivés. Courage!

18h17…Vous passez la porte. Votre enfant a arrêté de hurler. Fausse alerte! C’est parce que vous l’avez dans les bras! 🙂

18H18… Vous vous assoyiez par terre ou sur un tabouret dans votre hall d’entrée pour défaire vos chaussures et celles de votre enfant, qui gazouille, en profitant de ce moment de câlin avec vous.
18H19… Vous lâchez votre progéniture, qui s’enfuit dans le salon et commence de nouveau à crier. Plusieurs hypothèses.
Soit votre enfant vient de tomber lamentablement par terre car il est trop fatigué pour mettre un pied devant l’autre.

Soit, il ne trouve pas son doudou.
A ce moment précis, vous sentez la petite boule d’angoisse, qui remonte doucement le long de votre œsophage, pour finalement arriver au cœur de votre gorge. Quelques gouttes de sueur perlent sur votre front et descendent lentement sur vos tempes. Une seule question martèle les parois de votre cerveau: « Où est doudou? ».
Il le cherche de partout en criant « doudouuuuuu…Doudouuuuuu ». Vous aussi vous, vous mettez à le chercher car dorénavant, vous êtes en situation de crise 😉

Vous vous repassez les moindres gestes que vous avez pu faire à la crèche. Ouvrir le placard pour sortir ses chaussures. Ranger les chaussons. Et, là c’est le drame! Vous vous voyez le poser bien soigneusement au fond du casier à la crèche…Et nous sommes vendredi soir! (Cela fait un peu scénario catastrophe, mais…Je suis sûre qu’un grand nombre de vous se sont retrouvés dans ce genre de situations ;))

Des pleurs, des couinements… Il se jette par terre. Essaye de se rouler mais, il n’y arrive pas. Trop fatigué. Bref… Le désastre complet…
Il est 18h19 et 45 secondes!
Vous essayez de le calmer. Vous le prenez dans vos bras. Il vous repousse. Trop énervé! La faim s’ajoute à ses malheurs du soir.

Votre enfant est tellement surexcité, qu’il ne vous écoute plus! Alors, vous vous mettez à lui hurler dessus. Beaucoup plus fort que lui.
Il est 18h20! Vous avez gagné! Le silence se fait!

Votre progéniture s’arrête. Vous regarde avec d’énormes yeux ronds. Vous vous en voulez d’avoir crié, mais…cela fait presque trois quarts d’heure qu’il râle. Vous aussi vous ne rêvez qu’une seule chose…Vous mettre en boule sur le canapé et ne penser à plus rien. Mettre tout simplement votre cerveau en état végétatif.

Ohhlà! Ohhhlà! Je vois des parents qui se disent que j’exagère, que cela n’est pas vrai. Ils ne craquent jamais! Menteurs! Il n’y a que l’heure qui change! 18H20…C’est peut-être trop tôt pour vous!

Rassurez-vous…Vos voisins vous entendent crier à 18h45. C’est juste une histoire de timing! 🙂

Publié par Audrey Lucido, le 10 janvier 2017.

3 réflexions au sujet de « 18h20…L’heure du crime… »

  1. Un article pertinent et toujours pleins d’humour !!!
    Qui en tant que maman m’as bien fait sourire !
    Je pense que toutes les mamans peuvent s’identifier et être soulagée de ne plus être les seules à craquer!!!

    1. Bonsoir Agathe,

      Je te remercie pour ton message! Je suis heureuse que tu aies pu t’identifier, et surtout d’être soulagée!! En plus, si j’ai pu te faire sourire… On va dire mission accomplie!!

  2. Comme je me reconnais dans cette tranche de vie, que chaque parent a vécu, au moins une fois! Si, si, soyons humbles et lucides…
    Merci de l’exprimer, je me sens moins seule et moins « mauvaise maman »!!

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