Un con qui s’en rend compte !!!

« Mais…Mais… En fait… Je suis con!», lâche l’homme aux cheveux poivre et sel devant le miroir de sa salle de bain.

Il soupire. Ferme les yeux. Les ouvre d’un seul coup. Observe le reflet que le miroir lui renvoie.
Une boule monte lentement du fond de ses entrailles. Il se caresse le visage, en passant sa main sur sa joue gauche, puis celle de droite. Tire la peau sous ses yeux. Mais rien n’y fait!

« Ha ben non… Pourtant, j’y ai cru un moment! Maiiiiiisss… J’ai vraiment une tête de con!», affirme-t-il.
C’est alors que les dernières semaines de sa vie défilent devant lui.

Il se revoit, il y a une semaine, en train de marcher tranquillement sur la chaussée, en tirant sa valise à roulette derrière lui. Un automobiliste le klaxonne doucement pour qu’il s’écarte. C’est alors qu’il sursaute. S’arrête sur le côté. Et au moment où la voiture passe, il tape fortement avec sa main sur la vitre arrière droite, en vociférant.
Ben quoi… Il ne voulait pas faire rouler sa valise toute neuve sur le trottoir pavé. C’était donc tout à fait normal qu’il marche sur la chaussée!

Ou encore… L’autre jour, il a traversé devant une voiture, sans regarder s’il pouvait y aller. Il en avait pleinement le droit. Il était sur le passage piéton. Il n’a pas compris pourquoi l’automobiliste s’est énervé. Il n’y avait aucune raison! Il était prioritaire!

Et puis… Il se voit passer devant tous ces trentenaires malades, qui faisaient la queue à la pharmacie. Il leur dit bonjour d’un mouvement de tête et leur passe devant effrontément.
C’est normal… Il est plus vieux qu’eux! Donc, le respect veut que les personnes d’un certain âge soient prioritaires! Que ce soit à la pharmacie, à la poste ou encore à la boulangerie!

«Mouais… Rien d’alarmant enfin de compte! C’est normal!», soupire-t-il. «A moins que…»

Une image lui revient en tête… Lorsqu’il a déposé ses petits enfants chez sa fille. Hé bien… Il s’est garé devant la porte de l’immeuble en double file, alors qu’il avait une place juste à côté pour garer la voiture.

L’automobiliste derrière lui gesticulait. Klaxonnait. Lui donnant différents noms d’oiseaux! D’ailleurs, il ne sait pas vraiment ce que les oiseaux venaient faire dans l’histoire! Mais, bon… Il n’y avait pas de quoi fouetter un chat!
Franchement, c’est beaucoup plus pratique pour faire descendre les enfants! En plus, il n’a mis que dix minutes! Sa fille n’avait pas vu qu’il était arrivé. Alors le temps qu’elle descende…

«Pouf… Pouf… Pouf…», laisse-t-il échapper.
Il se passe encore une fois la main sur son visage dans l’espoir de faire disparaître le reflet qu’il a devant lui.
Il ouvre les yeux. C’est raté! Il voit toujours la même tête. Il se résigne.

Un air benêt. Un regard transparent, laissant la possibilité à son interlocuteur de voir que son encéphalogramme est plat. Les épaules avachies vers l’avant, comme s’il portait toute la misère du monde sur lui.
Bref… Vous avez bien compris qu’il n’a pas l’air spécialement méchant.

Mais, au moment où il vous vole l’ascenseur alors que vous êtes en train de rentrer dedans avec vos quinze mille paquets (Si… Si… C’est possible en période de soldes ;))
Qu’il vous fait un sourire grimaçant (vous savez le sourire en coin, qui est tellement forcé qu’il en devient effrayant 🙂 ), en vous bousculant. Et, qui… Lorsqu’il ferme la porte de l’ascenseur promptement, de peur que vous montiez avec lui, il vous murmure:
«C’est normal! C’est la fin de journée… Je suis fatigué! Je dois vite aller m’allonger!»

Les bras vous en tombent. Votre mâchoire se décroche légèrement. La colère monte si rapidement que votre tête devient rouge écarlate. Vous êtes prêt (ou prête ;)) à exploser, quand…. Votre enfant vous dit le plus simplement du monde: «Il n’est pas gentil le Monsieur, maman! Il serait monté avec nous! En plus, il n’a même pas dit merci… Je ne sais pas ce que ses parents lui ont appris!»

Vous répondez alors: «Ce n’est pas grave mon chéri! Il avait besoin de l’ascenseur… On va attendre un peu!»
Puis, vous marmonnez, tout en vous engouffrant dans l’ascenseur qui vient de redescendre, «pauvre con!».

Vous ne pouvez pas lui en vouloir! C’est dans sa nature! Sa connerie est innée! Elle est inscrite sur lui… Il la transpire. Tout ce qu’il fait est normal pour lui. Il ne peut pas se rendre compte qu’il est con! Vous… Par contre… Oui!:)

Mais, rassurez-vous… A un moment ou à un autre, nous sommes forcément le con de quelqu’un 😉

Publié par Audrey Lucido, le 8 février 2017.

5 réflexions au sujet de « Un con qui s’en rend compte !!! »

  1. En ce moment, avec les gaffes que j’accumule, je me sentirais presque dans une peau semblable à celle de ce malheureux…. Il y a de quoi en frémir!! Heureusement, lire cette chronique me fait sourire ; il y a donc de l’espoir!!!
    Merci de nous donner ces tranches de vie qui relativisent les nôtres… Mieux qu’un anti-dépresseur!!!! Merci ;-))

    1. C’est avec plaisir que je retranscris avec humour ces tranches de vie 😉 Car, selon moi, l’humour est un médicament pour l’âme! Il est le meilleur antidépresseur naturel au monde! 🙂

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