Extrait de la Lumière ne fait pas de bruit sauf en talons aiguilles

Si vous souhaitez vous faire une petite douceur pour l’été, n’hésitez pas à vous offrir La Lumière ne fait pas de bruit sauf en talons aiguilles! Afin de continuer à vous mettre l’eau à la bouche, nouvel extrait!

« Un cabriolet pénètre dans le village, tel un démon psalmodiant une incantation diabolique. Un grincement rauque débute ce chant pétaradant, tandis qu’un cliquetis lancinant résonne sur les façades des petites maisons de la rue principale. Erneste sursaute. Son cœur a bondi hors de sa cage thoracique, accélérant sa respiration. Il happe l’air, comme il peut. Essaye de calmer son rythme cardiaque. Mais, rien n’y fait. Seul, sur son banc, le vieil homme regarde d’un mauvais œil ce nouvel intrus.

Il grogne contre ces pseudo-collectionneurs, qui apportent leurs chariotes à Marlon. Il le maudit. Depuis son arrivée, une valse cauchemardesque de vieilles voitures perturbe la tranquillité du hameau. Un cirque effréné, qui ne se termine jamais. Un bruyant vrombissement le rappelle à la réalité, et laisse couler ses pensées dans l’oubli. La discrétion n’est pas leur fort. Son cœur ne le sait que trop bien.

L’engin démoniaque, poursuivi par sa fumée blanchâtre, passe devant lui. Fait le tour d’une fontaine, où un chèvrefeuille a élu domicile. Puis, ralentit devant un immense portail. Une pancarte discrète indique la présence d’un garage. La conductrice regarde la montre à son poignet. 18h30. Elle lâche un soupir d’apaisement, en se rendant compte que le portail est entrebâillé. J’ai du bol ! J’ai cru que je n’allais jamais y arriver !
Elle descend de la voiture. Pousse les deux battants du portail contre le mur. Revient s’installer au volant et s’engouffre dans la cour. Dès les premiers pavés, la décapotable ratatouille. S’étouffe. S’arrête net de fonctionner. Une détonation étourdissante clôture l’arrivée tonitruante du bolide.

Allongé de tout son long, sur le capot d’une Jaguar Type E, bleu nuit, un chat roux, mécontent, se réveille. Les poils ébouriffés, le regard noir et inquisiteur, l’animal se redresse délicatement, comme s’il faisait attention à ne pas rayer la peinture. Il scrute les environs et identifie l’envahisseur. Des feulements, éraillés et inquiétants, ébranlent le silence, redevenu maître des lieux, après l’arrêt de la voiture. Marlon, du fond du garage, hurle à Lotus de se taire, tout en sortant pour voir ce qui se passe.

Il découvre son chat, stoïque, fixant la fameuse voiture pétaradante. Il s’approche de Lotus pour lui grattouiller entre les deux oreilles. Rassuré, le quadrupède se met les quatre pattes en l’air. Se roule sur le dos, tout en ronronnant. Cependant, ce n’est qu’un câlin de courte durée.

Lotus commence à ronfler méchamment. S’écarte de Marlon. Se redresse sur ses pattes. Gonfle son poil. Couche ses oreilles en arrière. Marlon recule doucement, en haussant les épaules, peu surpris par cette réaction. « Tu es toujours aussi acariâtre à ce que je vois ! Fais attention tu vas finir par ressembler à Rose ! », lui balance-t-il, le sourire aux coins des lèvres. Puis, il se tourne vers la Morgan, rouge bordeaux, échouée au milieu de sa cour.

Au premier coup d’œil, il ne sait pas ce qu’il doit en penser. Les yeux écarquillés, sa bouche légèrement entrouverte, son cœur balance entre l’émerveillement et la déception.
Des volutes de fumée blanche s’échappent de chaque côté du cabriolet. Un des phares avant pleure par la fente verticale, qui le traverse. A certains endroits, de la peinture craquelée annonce les prémisses de la décadence. Des points de rouille, rouge-orangé, et des coulures de vert de gris, parsèment, à quelques endroits, la carrosserie nue de la voiture. Un crime de lèse-majesté.

Marlon sent la colère monter doucement à l’intérieur de lui-même, telle une cocotte-minute prête à exploser. Une si belle mécanique mise à rude épreuve par des inconscients, qui croient que le style rat-bike est tendance pour les bolides anglais. C’est inimaginable ! Bande d’assassins !

Il croise alors ses bras et observe de plus près l’équipage de ce bolide, qui frise le ridicule. Une femme, qui s’apparente à une mouche géante, est au volant. Une paire de lunettes démesurées lui mange la moitié du visage. La teinte dégradée des verres, allant du marron au rouge, intensifie l’imposant regard à plusieurs facettes. Des lèvres pulpeuses, accentuées par un rouge à lèvre brillant, couleur sang, lui ajoutent un côté sulfureux. Attirante, à la limite du vulgaire.

Le co-pilote, quant à lui, est une lointaine copie d’un pionnier de l’aviation. Un casque de cuir marron, et une paire de lunettes transparentes sont les seuls attributs que l’animal peut revendiquer à un aviateur. Marlon esquisse un sourire. Cette vision déconcertante lui rappelle son enfance, lorsqu’il regardait les « fous du volant ». Il a, devant lui, Satanas et Diabolo, en version féminine. Un rêve de gosse !

La femme enlève ses accessoires ainsi que ceux de sa chienne. Marlon reste bouche bée. Cette dernière est la copie conforme de sa maîtresse. Des poils longs et fins, blancs tirant vers le roux, rappellent l’infinie chevelure, blond cendré, de la conductrice. Le buste droit, des yeux noisette intenses. Une posture altière innée soulignant une élégance discrète. Une beauté sincère, unie à un sex-appeal démesuré.

Dans un grincement de porte, Hélène descend du bolide, suivie de près par Altesse ; tandis que Marlon, les poings sur les hanches, le torse en avant, s’approche de la voiture, avec une démarche de cow-boy.

– « En quoi puis-je vous être utile, ma p’tite dame ? », demande-t-il.

La conductrice soupire. S’essuie les mains avec un mouchoir. Regarde autour d’elle. Souffle. Puis, balance, sur un ton sec et cassant :

– « Cela se devine, non ?

– Je présume que c’est une question rhétorique… », s’enquiert Marlon, les bras croisés sur le torse.

N’attendant pas de réponse, il continue :

– « Ma p’tite dame…Je vais vous expliquer un peu comment cela se passe ici…Les gens désagréables m’ont toujours gonflé ! Alors vous mettez une once de chaleur dans votre voix ainsi qu’un minimum d’intérêt, pour moi, dans votre regard…Et peut-être…J’ai bien dit peut-être…Que je serai enclin à vous aider ! »

Sur ce, il fait demi-tour, tout en lui marmonnant une bonne soirée. Se dirige d’un pas décidé vers les portes de son garage et commence à les fermer doucement. »

Que se passe-t-il ensuite? A vous de me le dire! 😉

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Bientôt disponible en librairie fin juillet! Je vous communiquerai les librairies 😉

Publié par Audrey Lucido, le 29 Juin 2018.

4 réflexions au sujet de « Extrait de la Lumière ne fait pas de bruit sauf en talons aiguilles »

  1. Merci pour cet extrait….
    J’ai déjà commandé un exemplaire pour moi et un pour ma maman…
    Déjà convaincue par tes précédentes publications 😀

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