Un passe droit pour Lumen

Lumen, un havre de paix ? Pas si sûr ! J’ai réussi à vous obtenir un Passe-droit. Alors prêt pour une visite guidée de ce village dont je vous parle depuis un moment… Attachez vos ceintures ! C’est parti !  

Suite à mon article sur le village de mon roman, Lumen, vos retours ont plus que positifs ! Vous aviez envie de découvrir ce village, ses habitants… Ne pouvant rien vous refuser, voici un extrait de La lumière ne fait pas de bruit, sauf en talons aiguilles! Vous m’en direz des nouvelles! 😉

« Après avoir terminé la préparation de ses commandes, Bérénice sort de sa boutique pour profiter de la chaleur du soleil levant. Ce matin, il est resplendissant. Réconfortant. Elle ferme les yeux. Se délecte de la douce et délicate caresse qu’il lui offre. Elle cale son dos contre la porte de sa boutique et se laisse glisser tout doucement le long ; pour finalement s’asseoir sur la première marche en pierre. Elle se prépare à s’enthousiasmer du réveil du village, comme elle le fait tous les matins.

Bérénice a toujours adoré observer les gens. Les voir se mouvoir. Se déplacer. Car, elle apprend beaucoup de choses sur eux. Un geste, une parole, un tic…Elle découvre leurs regrets, leurs peurs tout comme leurs joies et leurs bonheurs. Le corps humain est une source inépuisable de renseignement.

Elle tend l’oreille. Un raclement sourd se fait entendre. Son père est en train d’ouvrir son garage. Réglé comme une horloge. Elle l’aperçoit en train de pousser, les yeux rivés au sol, les deux battants de bois de son portail, tout en grognant. A ses pieds, Lotus feule après lui comme s’il ne voulait pas que le garagiste ouvre le garage.

Le matin n’est pas leur tasse de thé de ces deux acariâtres ! Bonjour la morosité au réveil !

Le chat laisse Marlon terminer ses manœuvres et file se mettre au centre de la cour. Tout en se léchant la patte droite, il scrute les environs de son regard froid et glacial, encore embrumé par les dernières volutes de somnolence de la nuit. Finalement, le félin s’étire avec grâce pour se diriger lentement vers l’endroit qu’il a repéré. Le lieu où il pourra se lover au chaud toute la journée. Le must des délectations !

C’est au tour d’Erneste, qui arrive, comme à son habitude, à huit heures tapantes, pour s’asseoir sur le banc, en face de la fontaine. La mélodie lancinante de sa canne débute. Bérénice se marre. Car sa mélopée enchanteresse est enrayée. Apparemment, le vieux grincheux n’est pas complètement réveillé. Il commet quelques cafouillages mélodieux.

Tu m’étonnes ! Vu qu’il était avec ma mère, caché dans une ruelle, à se dire Dieu seul sait quoi ! Il ne peut qu’être fatigué !

Vu de loin, le charme notoire d’Erneste n’est plus légendaire. L’inquiétude, qu’il distille habituellement autour de lui, laisse place, à un vieil homme ratatiné. Un poussiéreux vétéran, abîmé par les virages et les détours que la vie l’a obligé à prendre. Le vrai Erneste se révèle à Bérénice, qui, sous le choc, a du mal à se détacher de cette image attristante.

Le vieillard s’arrête. Regarde les environs pour savoir si quelqu’un l’a vu. Il se fige. Repère Bérénice, qui l’observe depuis sa boutique, avec ses grands yeux ronds, pleins de pitié. Il recule légèrement en arrière comme s’il venait de se prendre un coup de poing dans le ventre. Serre très fort le pommeau de sa canne pour se mettre de nouveau droit. Bérénice lui sourit alors gentiment et lui demande comment il va ce matin. « Ça va ! Arrête de me regarder comme ça ! Je n’aime pas ça ! Je n’aime pas ça !», lui répond-t-il, agacé.

Passant sa main délicatement dans ses cheveux, il la redescend machinalement sur son visage pour greffer son masque renfrogné et hargneux. Foudroie du regard Bérénice, qui recule instinctivement et baisse les yeux. Il bombe le torse, fier de l’effroi qu’il peut encore inspirer.

« C’est bien ma petite…Tremble ! La peur est une alliée de choix!», marmonne-t-il. La mélodie de la terreur reprend sa course doucement mais sûrement vers le banc du village.

Les coups de klaxon de Rose sortent Bérénice de sa torpeur. Elle répond mécaniquement au salut de sa mère, qui quitte le garage avec sa Panhart de couleur rose. Voiture assez rocambolesque, d’ailleurs.

Après plusieurs mois de réparations sans succès, son ancien propriétaire voulait s’en débarrasser. Marlon lui a donc proposé une somme ridicule pour pouvoir « à ses heures perdues, essayer de la réparer !». Tant qu’il n’a pas trouvé ce qui cloche dans une voiture, il continue de chercher sans relâche, jusqu’à que le bolide décide de lui faire ses aveux.

Ni une, ni deux. Dès le lendemain, la voiture a dévoilé son secret. Et, Marlon a pu la réparer en moins d’une semaine. Il l’a donc offerte à Rose pour leur anniversaire de mariage. «Une voiture de fer, dans une peinture de velours!», lui a-t-il dit, en lui donnant les clés de son carrosse. Une manière pour le vieux grizzli de lui témoigner toute son affection.

Enfin, les différents protagonistes, de ce théâtre villageois, arrivent doucement les uns après les autres. Nicolas passant avec son scooter, Jeanne marchant sur le trottoir d’en face.  Et, Célyande, qui ouvre sa boutique d’Antiquités… Tous se mettent en place avec leurs gazouillis et leurs bourdonnements familiers afin de jouer la délicieuse harmonique que Bérénice apprécie tout particulièrement. »

Belle journée à vous mes librivores! 😉

A bientôt!

Publié par Audrey Lucido, le 04 juin 2018.

 

 

4 réflexions au sujet de « Un passe droit pour Lumen »

  1. comme on a envie de ce mettre à l’ombre des arbre de la terrasse du centre du village pour pouvoir observer tous ces personnages que l’on a déjà beaucoup de mal à quitter quand vient la fin de ton article.

  2. Sympathique morceau… Merci !
    Ah la douce caresse du soleil… Actuellement c’est un must assez rare !
    À très vite pour encore plus de rêve 😃

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