Les prémices de mon roman

L’histoire de mon roman a tout simplement commencé il y a plus d’un an et demi.

Enceinte, jusqu’aux yeux, coincée sur mon canapé, plusieurs personnages se sont mis à trotter dans ma tête. Ils s’y sont installés confortablement pour que je les décrive posément sur des calepins. Cependant, je ne savais pas quoi en faire.

Que me voulaient-ils? Pourquoi apparaissait-ils maintenant? Que pouvaient-ils m’apporter? Encore aujourd’hui, je n’ai pas la réponse à toutes ces questions. Mais, une chose est sûre…Ils m’ont permis de me révéler et de m’épanouir.

Me révéler dans le sens où, je me suis découverte, à travers ses personnages. Chacun à leur manière reflète une partie de ma véritable personnalité. Vous savez, celle que tout le monde cherche. Celle cachée sous des monticules de reproches, des couches de phrases incontournables de notre éducation. Celle planquée derrière le caractère et l’image que l’on veut absolument montrer aux autres, mais, qui est bien souvent un double de soi trafiqué.

M’épanouir car je ne me suis jamais autant amusée de ma vie.
Une fois la décision prise, je me suis installée devant mon ordinateur. J’ai inspiré profondément. Expiré. Fermé doucement les yeux et hop… D’un seul coup, je les ai ouvert. J’ai posé mes doigts sur les touches du clavier comme un pianiste qui s’apprête à jouer une mélodie. L’aventure romanesque avait commencé.

A ce moment précis, un flot d’histoires explosent au visage de mon ordinateur. Je me suis alors mise à écrire. Écrire. Écrire et encore écrire…comme si toutes les péripéties de mes personnages, leurs états-d’âmes, ou encore leurs bonheurs n’attendaient qu’une seule chose: bondir hors de moi pour surfer sur les torrents de la vie livresque (très poétique comme formulation, n’est-ce pas? ;))

J’avais ouvert la porte à toutes mes pensées, à toutes mes émotions pour qu’elles viennent se coucher sur le papier (enfin la page blanche word de l’ordinateur  ;)). Mes idées passaient de mon cerveau à mes doigts pour s’enflammer sur le clavier de l’ordinateur.

Le plus compliqué dans l’histoire n’a pas été la page blanche. Nooon…
Cela a été de mettre en ordre toutes ses pensées. Et cela n’a pas été une mince affaire! Imaginez 34 ans de frustrations. Mes idées s’en sont données à cœur joie! 😉

Mes personnages ont alors pris réellement forme. Ils ont grandi. Gagner en confiance et en assurance. Ils sont devenus des êtres à part entière pour finalement m’accepter dans leur monde pour que je puisse y prendre part.

J’ai vécu avec eux chaque instant de leur vie. Je les ai observés. Je les ai suivis dans leurs périples. J’ai entendu toutes leurs pensées, leurs reproches, leurs coups de cœur… Au fil des pages, ils sont devenus mes amis.
Dès que je suis avec eux, je m’envole pour un autre monde, dans lequel le temps n’existe pas.

Après un mois d’écriture à griffonner plusieurs calepins, enfermée dans mon appartement, je décide d’aller m’installer au jardin. Sous les premiers rayons du soleil, qui me caressent délicatement la peau, je peaufine les traits de caractère de mes personnages et précise quelques détails sur l’intrigue sur un bout de papier attrapé au vol sur la table avant de descendre au jardin. Quand, soudain, une amie vient s’asseoir discrètement à côté de moi.

Elle attend tranquillement que je la remarque. Puis, le sourire aux lèvres, elle me demande de but en blanc: «tu ne serais pas en train d’écrire un roman, par hasard?».

Je m’étouffe avec ma salive. Toussote. Me racle la gorge. Tourne la tête vers elle et la regarde, de mes yeux ronds comme des billes.

Fière de son effet, elle reprend calmement: «parce que si c’est le cas… Je veux bien le lire, moi!».
L’univers ne pouvait pas m’envoyer un signe plus clair! Quelqu’un voulait me lire! C’est à partir de ce moment que je me suis dit «Écrivain, cela sonne plutôt bien comme métier! Pourquoi pas? Ringo! C’est ce que je vais dorénavant faire!».

Alors, j’ai redoublé d’efforts. Je me suis mise à écrire, à longueur de temps. J’ai essayé d’emboîter mes personnages, de les faire marcher, tout comme de les faire interagir entre eux. Tous ces personnages, qui devenaient concrets au fil des pages, me démangeaient les mains, me picotaient les neurones.

Le plus dur à ce moment est de savoir de quelle manière j’allais raconter l’histoire de mes personnages. Je ne parle pas de détails, d’intrigue ou encore de dialogues. Vous l’avez bien compris… Je fais référence à la manière d’écrire.

Les grands de ce monde parle de «style d’écriture». Soit… Mais quand vous êtes un jeune écrivain, tout juste sorti de l’œuf et que vous êtes seul à votre table tous les jours et ben…ce n’est pas un concept facile à déterminer.

Le style d’écriture est une expression, en soi, assez simple à comprendre. Mais, à mettre en pratique, c’est une autre paire de manches. Alors, j’ai essayé plusieurs styles. Rédigée deux ou trois versions de mon premier chapitre, de ma première phrase…

Et au grand dam de mon amie (la «découvreuse» de mon talent  ;)), elle a eu droit à toutes les versions.

Si je ne me trompe pas, elle a dû lire au moins 4 versions de mon premier chapitre, 3 versions du roman en entier et je ne vous dis pas tout car j’en ai sûrement oublié! 🙂 Mais, pas elle! 🙂
J’ai même réussi à embarquer sa maman dans cette aventure, en lui faisant lire une version de mon roman. Enfin, mon compagnon a lui aussi eu droit à sa version, mais il fera sûrement l’objet d’un autre billet, que je vous posterai plus tard 😉

Je m’égare…Je m’égare… Bref…
Nous sommes d’accord que le style d’écriture est essentiel pour un roman. Mais, comment définir le sien? C’est comme chercher une aiguille dans une meule de foin!

J’ai donc pris un moment pour savoir de quelle manière je souhaitais écrire. Installée à ma table de salle à manger, j’ai défini, sur une feuille de papier, ce qui était important pour moi. J’ai ainsi déterminé le registre de langue que je voulais employer, les procédés littéraires que je souhaitais appliquer, tout comme les figures de style que je voulais mettre en avant.

Alors pour traduire ce grand charabia littéraire…. J’ai tout simplement décidé d’écrire mon histoire dans un langage plutôt soutenu, mais qui colle à la réalité de nos jours. J’ai jugé bon d’être un narrateur extérieur à l’histoire.

Cependant, je voulais connaître toutes les pensées et les petits secrets de mes personnages pour pouvoir vous les révéler au fur et à mesure de l’aventure. Alors, je suis devenue omnisciente. Bref, je suis de partout, connaissant les personnages sur le bout des doigts.
Quant aux figures de style, elles sont venues au fil de l’écriture.

C’est à ce moment que le livre, en tant qu’objet, a pris forme. Je vais vous avouer que c’est aussi à cet instant qu’une légère angoisse m’a submergée. Et si je ne suis pas faite pour l’écriture? Et si mon intrigue était dénuée de sens? Si mon écriture était plate et monocorde? Et si…Et si…

Une angoisse tellement forte…Vous savez celle qui vous prend aux tripes et qui remonte doucement et lentement jusqu’à votre gorge pour venir vous l’obstruer. Vous sentez une légère pression sur toutes les parois de votre cou. Vous vous étouffez à petit feu. Vous toussotez, crachotez dans l’espoir de la faire disparaître. Vous ressemblez à un chat qui essaye désespérément de se débarrasser de sa boule de poil coincée dans sa trachée. 😉

Après quelques jours de stress intense, la «découvreuse» de mon talent (Hé oui…C’est son nouveau surnom maintenant 😉 En plus, je sais que le terme «découvreuse» n’est pas vraiment du français correct! Il accroche même un peu! Mais, je n’ai que celui-là qui me vient en tête ;)) m’a traînée de force en dehors de mon appartement pour que je m’aère l’esprit. Petit déjeuner en terrasse, franches rigolades et moqueries en tout genre, ont été nos activités phares de cette matinée.

Puis, au moment de rentrer chez nous, mon amie me dit: «Écoute… Tu verras bien où cela t’emmène cette histoire de roman mais…Si l’univers, comme tu le dis si bien, t’a emmené sur ce chemin, ce n’est pas pour que tu te plantes en plein milieu! C’est ton destin ma cocotte! Alors, moi, j’attends les autres chapitres!» (Vous entendez dans votre tête la petite chanson que les Inconnus avaient composés «C’est ton DESTIN!» Allez-y chanter…Remuez-vous un peu sur votre chaise ou votre canapé, cela peut vous faire que du bien ;))

Alors, je me suis remise à écrire. Et, ce n’est que le début du long chemin de l’écriture romanesque.

Ok! Nous venons de voir comment j’ai défini mon style d’écriture, qui est la partie la plus technique du roman. Sans parler de la structure du livre en soi, à savoir l’intrigue, les chapitres, les paragraphes, les dialogues etc. Nous avons évoqué mes petits problèmes d’angoisse, mais, le point le plus important, selon moi, est la tonalité que mon texte allait prendre.

D’ailleurs, mon ami philosophe (Je vous expliquerai un peu plus tard comment il est devenu mon ami… Vous verrez c’est un vrai bonheur de pouvoir discuter avec lui ;)), qui est mon guide dans cette aventure, m’a dit, dès nos premières discussions: « Audrey, le plus important est de trouver le ton de votre livre! Une fois que vous l’avez et que vous le possédez, votre roman se rédigera tout seul!».
Hé ben…Il avait raison! 😉

Bon, il ne suffit pas seulement de le trouver. Il faut aussi le chouchouter, l’apprivoiser pour réussir à être à l’aise avec lui.
Après un certain temps, cette fameuse tonalité est devenue une amie. Toujours près de moi, m’encourageant dans mes essais, me poussant à aller plus loin dans mes retranchements pour que je m’extirpe de mon angoisse pour aller beaucoup plus haut. Atteindre le sommet.
Étrangement, durant ces moments, mon écriture est devenu fluide et je savais où j’allais! En fait, le ton est la clé de tout! 🙂 Il faut se laisser aller 🙂

Lorsque j’écris, en parfaite symbiose avec ma tonalité, qui est devenue un second moi. Plus rien n’existe autour de moi.
Les bruits extérieurs ne m’atteignent plus. Ils glissent doucement sur mes vêtements. Je deviens une personne sereine, tranquille, qui sourit en écrivant son roman. C’est cet état de bonheur suprême, que je veux essayer de retranscrire à mes lecteurs! 🙂

Une chose est sûre… Il n’était pas question d’écrire de manière triste, colérique ou encore morbide. Noooon… 😉

Il me fallait de la couleur, de l’amour et de la joie. Et où trouve-t-on tous ces principes? Je vous le donne en mille… Dans l’humour. Un met si savoureux! Doux, délicat, parfois, légèrement piquant comme tous ces bonbons acidulés, qui vous explosent la langue au premier contact pour finalement vous caresser le palais! Cela coulait de source!

Mon roman s’écrira avec une tonalité humoristique!
Quoi de mieux pour faire passer les malheurs, les mystères ainsi que les drames. Selon moi, rien!

Attention, je ne parle pas forcément d’ironie. Quoique…
Je parle plutôt d’une manière d’aborder la vie.
Il faut appréhender l’humour comme un médicament, qui soulage toutes vos blessures, et qui vous offre la possibilité de prendre du recul par rapport à la vie.

Alors, souriez! 😉

Publié par Audrey Lucido, le 12 Janvier 2017.

14 réflexions au sujet de « Les prémices de mon roman »

  1. Une ébauche qui ne peut que donner envie de le lire son roman !!!
    Décrit avec humour et bonne humeur, que demande le peuple ??
    Un roman qui mêle évasion, mystique et bonne humeur à travers des personnages fort attachant !!!

  2. Après cette lecture et le descriptif des circonstances de l écriture de ton roman, on sent que beaucoup de choses se sont produites en toi. C’est un roman qui semble être un soulagement avec ta manière d écrire…j’ai l’impression avec beaucoup d humour.
    Je suis très curieuse de le découvrir!

    1. Ton analyse est plutôt bonne… Pourvoir décrire un certain nombre d’émotions à travers des personnages, et en plus avec humour…
      Je te confirme c’est un vrai régal!!! 🙂

  3. Waouh!!! C’est formidable cet élan!! J’ai hâte d’en savoir plus! Pour ce qui est des futures critiques positives ou négatives, elles seront toujours à prendre du bon côté…. En tout cas la création et l’imagination sont extraordinaires si on les chouchoute bien 😉

    1. Pour les critiques (positives et négatives comme tu le dis) sont bonnes à prendre. Elles peuvent que nous permettre de s’améliorer 😉
      Merci pour ce petit message, qui me booste un peu plus mon élan! Je fais en sorte de chouchouter correctement ma création et mon imagination 😉 c’est d’ailleurs un vrai bonheur de le faire 🙂

  4. Coucou Audrey, je te découvre une autre facette très intéressante. J’attends avec impatience de te lire. Rien que les prémices me donne envie de découvrir la suite. Alors, à ta plume. 😀

  5. Que c’est agréable de te lire! C’est pétillant, revigorant. Ça donne le sourire ! 😊j’ai hâte d’en découvrir plus sur ta planète…

    1. Je te remercie pour ces compliments qui me vont droit au cœur!!;) Je vais bientôt écrire un nouvel article sur mon roman! Patience… Cela ne va pas tarder 😉

  6. S’ouvrir au monde, le percevoir avec un regard neuf et curieux… L’enfant en moi renaît et est intrigué et impatient d’en connaître toujours plus!!!
    La suite, la suite!!! :-))

  7. L’humour manque parfois aux écrits et en tant que romancière féline et grande lectrice je trouve que c’est indispensable. De plus une écriture pétillante est toujours agréable. Un bon début en tout cas. CHRISTINE LACROIX

    1. Je suis d’accord avec vous! L’humour est le médicament de l’âme et il faut en abuser!
      Je vous remercie Christine pour vos remarques 😉 J’en ai pris note et je vais essayer de les appliquer! 😉
      Je suis heureuse que mon écriture pétillante vous ait plu! Merci pour vos félicitations! 🙂
      En espérant vous voir régulièrement sur le blog 😉

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